Menaces et réglementations

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DES ESPèces menacées de disparaître

Les tortues marines ont longtemps étaient chassées pour la consommation humaine sur le territoire de la Guadeloupe. Les œufs, la chair ou bien la carapace de cet animal étaient très appréciés par les consommateurs. Malheureusement, en combinant cette consommation et les menaces actuelles dues aux activités humaines, les populations de tortues marines ont diminué drastiquement. 

En 2005, les cinq espèces de tortues marines présentes dans les Antilles françaises ont un état de conservation qualifié « d’inquiétant ». Le 14 octobre 2005, un arrêté ministériel fixe la liste des tortues marines protégées sur le territoire national et les modalités de leur protection. 

Les cinq espèces de tortues présentes dans les Antilles françaises sont gravement menacées. Le risque global d’extinction qui pèse sur elles est évalué par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) :

– La tortue imbriquée est classée en « danger critique d’extinction » (CR), soit le statut précédant l’extinction dans le milieu naturel.

– La tortue verte est classée en « danger d’extinction » (EN).

– La tortue luth (VU), la tortue olivâtre (VU) et la tortue caouanne (VU) sont évaluées comme étant « vulnérable » (VU).

Réglementations nationales

Au niveau national, toutes les espèces de tortues marines des Antilles françaises sont intégralement protégées par l’arrêté ministériel du 10 novembre 2022. Les peines encourues en cas de non-respect de cette réglementation sont de 150 000 € d’amende et deux ans d’emprisonnement (Art. L 415-3 du Code de l’Environnement).

Extraits de l’article 2 de l’arrêté ministériel du 10 novembre 2022 :

Sont interdits, sur tout le territoire national et en tout temps :

I. la destruction, la mutilation, la capture, l’enlèvement intentionnels des spécimens incluant les prélèvements d’échantillons biologiques, la perturbation intentionnelle, la perturbation induite par des nuisances lumineuses, et la poursuite ou le harcèlement des animaux dans le milieu naturel ;

II. La destruction, l’altération ou la dégradation des habitats de reproduction;

III. La détention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l’achat, l’utilisation commerciale ou non des spécimens de tortues marines.

Le Code de l’environnement interdit également aux véhicules à moteurs de circuler sur les espaces naturels, dont les plages afin de les préserver.

L’article L321-9 stipule en effet « Sauf autorisation donnée par le préfet, après avis du maire, la circulation et le stationnement des véhicules terrestres à moteur autres que les véhicules de secours, de police et d’exploitation sont interdits, en dehors des chemins aménagés, sur le rivage de la mer et sur les dunes et plages appartenant au domaine public ou privé des personnes publiques lorsque ces lieux sont ouverts au public. »

Réglementation internationale

Les tortues marines sont protégées par différentes conventions internationales ratifiées par la France :

– Convention de Washington (1973) sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) : Annexe I ;

– Convention de Bonn (1979) sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) : Annexes I et II ;

– Convention de Berne (1979) relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe : Annexe II ;

– Convention de Carthagène (1983) pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes ;

– Convention de Rio (1992) sur la diversité biologique.

 

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Le braconnage

A l’échelle mondiale, la chasse des tortues marines adultes et le prélèvement des œufs pour la consommation humaine sont les causes majeures de la baisse drastique des populations de tortues marines. Dans certains pays, les jeunes tortues marines sont capturées pour être « empaillées » et vendues comme souvenir aux touristes. Les œufs peuvent être considérés comme un aphrodisiaque et mangés crus ou vendus comme « snacks » dans les bars et les restaurants.  Malgré le classement de la plupart des espèces de tortues marines à l’annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), le commerce entre les pays non signataires ainsi que le commerce illégal se poursuivent dans le monde entier. Des cas de braconnage pour la consommation locale sont aussi recensés chaque année dans l’archipel guadeloupéen.

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La dégradation des sites de pontes

Les plages sont essentielles pour la reproduction des tortues marines. Cependant, celles-ci sont soumises à plusieurs menaces. Notamment l’urbanisation croissante des plages qui dégrade les sites de ponte ; la destruction de la végétation littorale qui augmente le risque de mise à découvert des nids et l’érosion ; la mécanisation des nettoyages des plages engendrant la destruction de certains nids ; les amas de sargasses se retrouvant dans les lieux de pontes des tortues marines qui peuvent perturber la montée des femelles sur la plage pour la ponte et gênent l’éclosion des tortillons ainsi que leur course vers l’océan ; la désorientation des femelles en ponte et des nouveau nés, qui augmente les risques d’épuisement, d’écrasement par les véhicules, de prédation, …

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La dégradation des sites d'alimentation

Les tortues marines s’alimentent principalement dans les récifs coralliens (pour les tortues imbriquées) et  dans les herbiers marins (pour les tortues vertes). Malheureusement, ces écosystèmes sont menacés par les activités humaines : pollution plastique, rejets des eaux usées, surpêche, arrachage par les ancres des bateaux, prélèvement et commerce de coraux, développement côtier, augmentation de la température de l’eau, eutrophisation (invasion d’algues) liée au dérèglement climatique… La liste est longue.

 

De plus, ces menaces font surtout subir un stress aux coraux entraînant un blanchiment. Le blanchiment des coraux correspond à la perte des algues symbiotiques, laissant ainsi apparaître le squelette calcaire à travers les tissus hôtes devenus transparents. Les causes seraient liées à l’élévation de la température. En effet, le phénomène se produit lorsque la température de l’eau dépasse 29 °C durant deux à quatre semaines consécutives.

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les captures accidentelles dans les engins de pêche

Même si les tortues marines ne sont pas forcément visées lors de la pêche, celles-ci sont capturées de façon accidentelle. WWF estime que “chaque année, des centaines de milliers de tortues marines meurent” à cause de captures accidentelles. Prises par des hameçons ou piégées dans les filets, les palangres ou les chaluts, elles ne peuvent pas remonter à la surface pour reprendre leur respiration.  

Dans les eaux de la Guadeloupe et de la Martinique des captures accidentelles sont encore fréquentes pour cause des techniques de pêche utilisées qui condamnent les tortues marines.

Les tortues marines peuvent également être gravement blessées ou mourir de collision avec les bateaux aussi bien de pêche que de plaisance en raison de vitesse excessive près des côtes.

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La pollution et l'ingestion de plastique

Selon le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, “à l’échelle mondiale, on estime aujourd’hui que la quantité de plastique dans les océans est comprise entre 75 à 199 millions de tonnes (ce qui représente 85% des déchets marins). 

Parcourant les océans du monde, les tortues marines sont particulièrement vulnérables face à cette quantité de plastique. Les déchets en mer sont de nature et de taille très diverses : matériel de pêche, éléments du quotidien, mégots, bouteilles, emballages plastiques… ect. Tous ces déchets intoxiquent nos eaux et sont susceptibles d’être ingérés par les tortues marines ainsi que toutes les espèces marines, conduisant dans la plupart des cas à leur mort.