La biologie du requin

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profil d'un animal mystérieux

Il y a environ 400 millions d’années, les requins sont apparus sur Terre, bien avant l’apparition des premiers dinosaures.

Tout comme les raies, ils font partie de la classe des chondrichtyens, autrement dit, les poissons « cartilagineux ». Les requins et les raies forment le sous-ordre des élasmobranches.

Plus de 500 espèces de requins ont été découvertes à ce jour, et la mer n’a pas encore livré tous ses secrets.

Le sais-tu ?

Contrairement à la plupart des poissons, le requin n’a pas de vessie natatoire (organe semblable à une poche d’air qui permet aux poissons de gérer leur flottabilité).
En compensation, son foie est essentiellement composé d’huile (le squalène) et peut peser 25% de son corps.
Cela lui permet de rester en pleine eau lorsqu’il se déplace. Par contre, s’il arrête de nager, il coule !
C’est pour ça qu’on ne voit jamais de requin statique en pleine eau.

Le sais-tu ?

La ligne latérale et les ampoules de Lorenzini ont aussi un rôle important dans l’orientation : l’une détecte la profondeur, les autres les champs magnétiques terrestres et les courants marins. Ce sont les « boussoles » du requin : rien de plus utile pour ne pas se perdre dans l’immensité des océans !

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UN animal sensible

Les requins ont un odorat fin et une vue développée pour bien voir dans l’obscurité.
Leur ouïe leur permet de détecter des sons que nous n’entendons pas et leur nez est utilisé pour le toucher.
Outre ces 5 sens bien développés ils possèdent en plus une ligne latérale, présente chez la plupart des poissons. Cette ligne, qui parcourt le corps de l’animal, est composée de cellules sensibles aux mouvements de l’eau. Ainsi les requins peuvent détecter les déplacements de leurs proies et prédateurs.
Un 7ème sens les différencie des « poissons osseux » : les ampoules de Lorenzini. Il s’agit d’un ensemble de capteurs, situés du bout du nez à l’arrière des yeux, qui permettent de capter les champs électriques émis par les êtres vivants.

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comme un poisson dans l'eau

Pour respirer, les requins ont besoin de faire circuler l’eau sur leurs fentes branchiales pour leur apporter l’oxygène nécessaire. 

Pour cela, différentes techniques existent :
nager la gueule ouverte. Pour de nombreuses espèces, nager est vital : sans mouvement, ils sont voués à l’asphyxie (ex : requin marteau)
ouvrir et fermer les mâchoires. Grace à cette technique, certains requins peuvent respirer en étant posés sur le fond (ex : requin citron, requin nourrice)
respirer par les spiracles, « trous » situés sur le dessus de la tête. Ils sont plus ou moins développés en fonction des espèces.

Le sais-tu ?

Les spiracles sont aussi présents chez les raies, ils sont d’ailleurs très utiles pour les pastenagues qui s’enfouissent régulièrement dans le sable à la recherche de nourriture.

Photo raie pastenague

Le sais-tu ?

Chez le requin taureau les dents sont très caractéristiques : elles sont longues, fines, pointues et recourbées vers l’intérieur : idéal pour piéger ses proies.

Photo requin taureau
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les dents de la mer

La dentition des requins est impressionnante.

Les mâchoires peuvent compter près de 6 000 dents, réparties sur 6 à 20 rangées, dont seule la 1ère est utilisée. Quand une dent est abîmée, elle est remplacée par celle d’en dessous, à la manière d’un tapis roulant qui se déplace de l’intérieur de la mâchoire vers l’extérieur. 

Au cours de leur vie, certains requins peuvent perdre jusqu’à 20 000 dents ! 

Chaque espèce possède des dents adaptées à son mode d’alimentation (broyer, couper, accrocher, …).
Les dents peuvent être utilisées pour identifier l’espèce.

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diversité : à chaque espèce ses caractéristiques

Photo requin baleine

Quand on parle de requins, on imagine couramment un grand requin blanc, avec des dents tranchantes. 

Pourtant, il existe de nos jours plus de 500 espèces aux formes, tailles, et cycles de vie variés. C’est une illustration parfaite de la diversité.

De 1 à 20 m selon d’espèce.

Le mot «requin» évoque bien souvent un grand animal, et pourtant plus de 80% des espèces connues à ce jour ne dépassent pas 1 m.

Certains sont des géants, comme le requin baleine qui est le plus grand poisson connu au monde et peut dépasser 20 m. Le Sagre elfe, lui, n’excède pas 0,18 m à l’âge adulte.

Le sais-tu ?

Le Mégalodon (Carcharodon megalodon), ancêtre du grand requin blanc, pouvait mesurer plus de 17m de long et sa mâchoire 2m de haut. Imaginez un grand requin blanc, mais 3 fois plus grand !

Le sais-tu ?

Certains requins ont recours au mimétisme pour survivre.
C’est-à-dire qu’ils vont se confondre avec leur environnement, pour capturer leurs proies ou bien se cacher des prédateurs.
Par exemple, le requin tapis possède une couleur de peau et des excroissances de peau positionnées de telle façon qu’on peut le confondre avec un substrat recouvert d’algues.

Photo requin tapis
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des formes innatendues

Même si très souvent le requin a une forme « hydrodynamique » comme une torpille, il existe des espèces aux formes surprenantes, témoignant de leurs adaptations à leur mode de vie.
Par exemple, le requin marteau possède une tête large et aplatie. Celle-ci lui permet de détecter ses proies enfouies dans le sable grâce aux nombreux récepteurs répartis sur son «marteau». Ce «marteau» lui permettrait notamment de bloquer contre le substrat ses proies favorites : les raies pastenagues.

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l'alimentation

Les requins sont tous carnivores : ils mangent des animaux de toutes les tailles et natures.
Les proies vont des petits organismes planctoniques pour le requin baleine, jusqu’à de grands mammifères marins pour le requin blanc, en passant par des invertébrés et des poissons osseux pour le requin nourrice, ou parfois même d’autres poissons cartilagineux pour le requin citron.

Leur alimentation et techniques de chasse varient en fonction des espèces, de l’âge des individus, de la saison et de la disponibilité des ressources.

Ils peuvent être exclusivement prédateurs et apprécier les animaux vivants en bonne santé ou affaiblis comme le requin gris, ou être prédateur et charognard et se nourrir également d’animaux morts comme le requin griset. Parfois, certains se nourrissent même de déchets anthropiques comme le requin tigre.

Le sais-tu ?

Ce n’est pas parce qu’un requin est grand qu’il mange de grosses proies et vice-versa :
L’énorme requin baleine a une préférence pour le minuscule plancton, alors que le requin « emporte-pièce » ou « squalet féroce » découpe des morceaux sur des dauphins, baleines et gros poissons alors qu’il ne dépasse pas 50 cm.

Photo requin baleine

Ils peuvent être opportunistes et se nourrissent des proies disponibles comme le requin tigre, ou plus sélectifs comme le requin pèlerin.
Ils peuvent être de redoutables chasseurs et pourchassent leurs proies sur de longues distances comme le requin longimane, ou bien ils se fondent dans l’environnement et attendent qu’une proie passe à proximité tel que le requin du Groenland.

Photo requin blanc

Le sais-tu ?

Chez certaines espèces, les petits se mangent entre eux dans le ventre de leur mère !
Ce phénomène de cannibalisme intra utérin est aussi appelé « oophagie » et se rencontre notamment chez le requin mako et le requin taureau.

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la reproduction propre à chaque espèce

Contrairement à la plupart des poissons, la reproduction chez les requins se fait par accouplement.
L’âge de maturité sexuelle varie en fonction des espèces : il est généralement atteint après la 7ème année, ce qui est tard pour un poisson. 

Chez ces animaux, il existe 3 types principaux de reproduction :

– l’oviparité, comme chez les roussettes. La femelle dépose des œufs sur le substrat. Les fœtus grandissent grâce à des réserves (vitellus) situées dans les œufs. Le temps d’incubation est généralement de 5 à 11 mois selon les espèces.

– la viviparité, comme chez le requin citron. Les fœtus, qui sont reliés à leur mère à l’aide d’un placenta, se développent dans le corps de la mère. Il n’y a pas de phase « œuf » : la femelle met au monde des petits entièrement développés.

requin port jackson
Requin Port-Jackson avec son oeuf, © Taso Viglas

– l’ovoviviparité, comme chez le requin nourrice. Chaque fœtus se développe dans une fine coquille remplie de vitellus située à l’intérieur du corps de la mère. Une fois le développement terminé, les petits quittent leur coquille pour ensuite être expulsés du corps de la mère : la femelle met au monde des petits entièrement développés. 
Pour ces deux derniers cas, le temps de gestation varie en fonction des espèces : il est généralement de 9 à 12 mois mais peut atteindre parfois plus de 24 mois.